Santé de proximité : comprendre les nouvelles fractures territoriales pour mieux agir.
Alors que l’accès aux soins devient de plus en plus inégal selon les territoires, l’étude quantitative s’impose comme un levier stratégique pour éclairer les décideurs. En objectivant le renoncement aux soins, les tensions d’accès ou encore l’impact réel des dispositifs déployés, COHDA institut d’études basé à Bordeaux accompagne les collectivités et institutions dans une compréhension fine des enjeux locaux, pour bâtir des politiques de santé fondées sur la preuve.
Le système de santé de proximité traverse une transformation silencieuse mais radicale. Face à l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous, un nombre croissant de Français renoncent aux soins ou se tournent vers des solutions d’IA pour des pré-diagnostics. Parallèlement, les nouvelles générations de médecins redéfinissent leur rapport au métier : travail en association pour préserver leur équilibre de vie, limitation volontaire de leur patientèle, exercice à temps partiel face à une fiscalité jugée pénalisante. Ces mutations profondes (renoncement aux soins d’un côté, exercice libéral repensé de l’autre) redessinent en profondeur la carte sanitaire du pays, bien au-delà des seuls déserts médicaux.
Comment construire des politiques publiques efficaces quand les comportements changent plus vite que les indicateurs traditionnels ? Un territoire peut afficher une densité médicale satisfaisante sur le papier tout en connaissant des délais d’accès réels catastrophiques, parce que les praticiens ont réduit leur temps de travail ou fermé leur patientèle. Un département peut présenter des statistiques rassurantes quand une partie de sa population a tout simplement renoncé à consulter. Les moyennes nationales, incapables de saisir ces dynamiques, masquent des fractures territoriales croissantes et des tensions invisibles dans les chiffres globaux.
C’est précisément dans ce contexte que l’expertise de Cohda en études quantitatives territoriales devient déterminante. Mesurer le renoncement aux soins, quantifier les temps d’accès réels, cartographier les nouvelles pratiques professionnelles, évaluer l’impact des maisons de santé pluridisciplinaires : seules des données quantitatives fines permettent aux décideurs publics de comprendre ces mutations et d’adapter leurs réponses. En croisant parcours de soins, baromètres de satisfaction, études comportementales et analyses démographiques, les études quantitatives deviennent l’outil indispensable pour piloter une santé de proximité en pleine transformation.
Santé de proximité : des enjeux territoriaux invisibles dans les moyennes nationales
Le renoncement aux soins, symptôme d’un système sous tension
Le renoncement aux soins ne concerne plus seulement les populations précaires. Il devient une réalité ordinaire dans de nombreux territoires, y compris urbains. Les délais d’attente pour un rendez-vous de médecine générale dépassent régulièrement trois semaines dans certaines zones, conduisant une partie croissante de la population à différer, voire abandonner leurs démarches de santé. Cette situation alimente un cercle vicieux : les patients non pris en charge voient leur état se dégrader, saturent ensuite les services d’urgence pour des pathologies qui auraient pu être traitées en amont, et contribuent à l’engorgement général du système.
Face à cette impasse, de nouveaux comportements émergent. L’essor des applications de santé et des outils d’IA pour des pré-diagnostics témoigne d’une adaptation par défaut : faute d’accès rapide à un professionnel, les patients tentent d’évaluer eux-mêmes la gravité de leurs symptômes. Si ces outils peuvent apporter un premier niveau d’information, ils ne remplacent évidemment pas l’expertise médicale et peuvent même retarder des prises en charge nécessaires. Mesurer l’ampleur réelle de ces phénomènes (qui renonce ? Pourquoi ? Avec quelles conséquences sanitaires ?) devient un enjeu majeur pour les pouvoirs publics.
Démographie médicale : quand les moyennes cachent les vraies tensions

La démographie médicale française ne se résume pas à un simple déficit de médecins.
Les nouvelles générations de praticiens exercent également différemment : regroupement en cabinets pluridisciplinaires ou maisons de santé, refus des gardes, limitation du nombre de patients pour préserver un équilibre de vie, exercice à temps partiel pour optimiser leur situation fiscale. Ces choix, parfaitement légitimes sur le plan individuel, impactent directement l’offre de soins disponible sur les territoires.
Un département peut ainsi afficher un nombre théorique de médecins par habitant conforme aux standards nationaux, tout en connaissant de graves difficultés d’accès aux soins.
La raison ? Une partie significative des praticiens travaille à temps partiel, un autre contingent a fermé sa patientèle, et les quelques médecins restants accessibles croulent sous les demandes. Les statistiques agrégées passent à côté du principe de réalité : elles comptent des professionnels, pas leur disponibilité effective ni leur capacité réelle à accueillir de nouveaux patients.

Les inégalités territoriales,
bien au-delà de l’opposition rural/urbain
La fracture sanitaire ne se limite plus à l’opposition simpliste entre métropoles bien dotées et campagnes désertifiées. Des quartiers entiers de grandes villes connaissent aujourd’hui des difficultés d’accès comparables à celles des zones rurales isolées, avec en plus des problématiques spécifiques : renoncement aux soins pour raisons financières malgré la proximité géographique de l’offre, non-recours aux droits, barrières linguistiques ou culturelles.
À l’inverse, certains territoires ruraux bien organisés, dotés de maisons de santé pluridisciplinaires attractives et d’une coordination efficace entre acteurs, parviennent à maintenir une offre de qualité.
Ces situations contrastées appellent des réponses sur-mesure, impossibles à concevoir sans une connaissance fine des réalités locales. Où se situent exactement les zones de tension ? Quelles populations sont les plus touchées par le renoncement ? Quels facteurs (géographiques, économiques, sociologiques) expliquent les difficultés d’accès ? C’est précisément pour répondre à ces questions que les études quantitatives territoriales deviennent indispensables.
Les études quantitatives au service d’un diagnostic territorial précis
Mesurer l’accès réel aux soins au-delà des indicateurs classiques
Les indicateurs traditionnels de densité médicale ou de temps de trajet théorique vers un professionnel de santé ne suffisent plus. Il faut aujourd’hui mesurer l’accès effectif :
Les enquêtes quantitatives menées par Cohda auprès de populations cibles permettent de quantifier précisément ces dimensions.
En interrogeant par exemple un échantillon représentatif d’habitants d’un territoire sur leurs parcours de soins réels, leurs difficultés rencontrées, leurs renoncements éventuels, on obtient une photographie fidèle de la situation vécue.
Ces données révèlent souvent des écarts significatifs avec les statistiques administratives : un territoire peut théoriquement disposer d’un nombre suffisant de médecins tout en présentant des délais d’accès catastrophiques dans les faits.
Cartographier le renoncement aux soins et ses déterminants

Le renoncement aux soins n’est pas un phénomène uniforme. Il varie considérablement selon les territoires, les catégories sociales, les types de soins concernés. Une enquête quantitative bien construite permet d’identifier les populations les plus touchées et les raisons précises de ce renoncement : est-ce principalement une question de délai d’attente, de coût, d’éloignement géographique, de méconnaissance de l’offre disponible, ou d’une combinaison de ces facteurs ?
Évaluer les dispositifs existants pour mieux les ajuster
Les territoires ne partent pas de zéro. Maisons de santé pluridisciplinaires, permanences de soins, dispositifs de télémédecine, aides à l’installation de professionnels : de nombreuses initiatives existent déjà. Mais sont-elles efficaces ? Atteignent-elles effectivement les publics ciblés ? Produisent-elles les effets attendus sur l’accès aux soins ?
Les études quantitatives d’impact permettent de répondre à ces questions de manière objective. En comparant par exemple les délais d’accès et les taux de renoncement avant et après l’ouverture d’une maison de santé, ou en mesurant l’usage effectif d’une plateforme de téléconsultation, on peut mesurer précisément la valeur ajoutée de ces dispositifs.

Anticiper les évolutions démographiques et leurs impacts sanitaires
La santé de proximité doit se penser à moyen et long terme.
Le vieillissement démographique, particulièrement marqué dans certains territoires ruraux, va mécaniquement augmenter les besoins en soins tout en réduisant la mobilité des patients. À l’inverse, l’arrivée de nouvelles populations dans des zones périurbaines en développement crée des tensions immédiates sur une offre de soins souvent peu dense voire inexistante.
Les études quantitatives permettent de croiser projections démographiques et données d’offre de soins pour anticiper les déséquilibres futurs. En modélisant l’évolution des besoins et en les confrontant aux départs en retraite prévisibles de Professionnels de santé, on peut identifier à l’avance les territoires qui entreront en vive tension dans les 5 ou 10 ans à venir.
Cette approche prospective permet d’agir en prévention plutôt qu’en réaction : cibler les efforts de recrutement, planifier les investissements en maisons de santé, développer des solutions de télémédecine avant que la situation ne devienne critique, préserver l’autonomie par des programmes d’information et de conseils…
L’approche Cohda : croiser données quantitatives et connaissance du terrain
Méthodologies sur-mesure adaptées aux réalités locales

Il n’existe pas de questionnaire universel en matière de santé de proximité. Chaque territoire présente ses spécificités, ses forces, ses fragilités.
L’approche de Cohda repose sur une phase préalable d’immersion et de co-construction avec les acteurs locaux : élus, professionnels de santé, représentants associatifs, patients et citoyens.
Cette étape permet de comprendre les enjeux propres à chaque territoire et de concevoir des outils de mesure adaptés.
Sur un territoire rural vieillissant, l’enquête pourra porter par exemple prioritairement sur les questions de mobilité, d’isolement, d’accès aux soins de longue durée. Sur un territoire périurbain en croissance rapide, elle se concentrera sur les délais d’accès, l’adéquation entre l’offre et la demande, la connaissance des nouveaux dispositifs mis en place. En effet, à l’ère de l’information tous azimuts, il semble que de nombreuses populations soient hermétiques aux campagnes de communication traditionnelles (ne regardant plus la télé, ne recevant plus de courrier, ne voyant plus les publicités présentes sur l’espace public…).

Cette personnalisation méthodologique garantit que les données collectées soient réellement actionnables et répondent aux questions concrètes que se posent les décideurs.
Échantillons représentatifs et granularité territoriale
La robustesse statistique des résultats dépend en grande partie de la qualité de l’échantillon interrogé.
Cohda construit systématiquement des échantillons représentatifs par la méthode des quotas, permettant d’obtenir une photographie fidèle de la population du territoire. Selon les besoins, cette représentativité peut être recherchée à l’échelle d’un département, d’un bassin de vie, voire d’un quartier spécifique.
Cette granularité est essentielle. Une moyenne départementale masque souvent d’importants écarts infra-territoriaux. En sur-échantillonnant certaines zones ou certaines catégories de population, on peut obtenir des données exploitables à une échelle très fine : cartographier les délais d’accès par bassin de vie, identifier les poches de renoncement par quartier, mesurer les disparités entre zones urbaines et rurales au sein d’un même territoire. Ces données permettent ensuite de territorialiser les politiques publiques avec précision.
Des livrables actionnables pour la décision publique
La finalité d’une étude quantitative n’est pas de produire des tableaux de chiffres, mais bien d’éclairer la prise de décision. Cohda conçoit ses livrables comme des outils d’aide au pilotage : cartographies permettant de visualiser les disparités territoriales, tableaux de bord synthétiques présentant les indicateurs clés, analyses comparatives identifiant les facteurs explicatifs des situations observées.
Au-delà des chiffres bruts, les études intègrent systématiquement une dimension analytique et prospective.
Les recommandations formulées s’appuient sur les données quantitatives collectées, mais aussi sur les benchmarks réalisés avec d’autres territoires confrontés à des problématiques similaires.
Accompagnement dans la durée et mesure des évolutions
La santé de proximité est une thématique du quotidien, on peut mesurer à un instant T mais bien sûr les politiques publiques cherchent toujours à s’ajuster pour une meilleure efficacité. La mesure en continu permet de mesurer les évolutions, corriger le cas échéant, renforcer les progrès. C’est pourquoi Cohda accompagne plusieurs collectivités ou des ARS dans le cadre de baromètres pluriannuels, pour suivre les indicateurs clés de la santé.
Ces suivis au long cours permettent de mesurer la pertinence des actions priorisées :
Cette approche par la donnée de l’évaluation des politiques publiques permet un pilotage plus réactif et objectif, fondé sur des preuves plutôt que sur des intuitions.
Vers une ingénierie publique de la santé territoriale fondée sur la preuve

Les politiques de santé de proximité se trouvent aujourd’hui à un point de bascule. D’un côté, des mutations silencieuses mais radicales transforment en profondeur l’offre et la demande de soins. De l’autre, des outils de pilotage encore largement fondés sur des indicateurs agrégés qui masquent plus qu’ils ne révèlent.
Cette asymétrie entre la vitesse du changement et la capacité à le mesurer finement constitue le principal angle mort des décideurs publics. Un territoire peut basculer en quelques années d’une situation satisfaisante à une crise d’accès majeure, sans que les tableaux de bord traditionnels ne permettent d’anticiper la trajectoire. Les départs en retraite s’accélèrent, les nouvelles générations de praticiens exercent différemment, les populations vieillissent ou se déplacent : autant de dynamiques qui échappent aux moyennes départementales.
C’est précisément dans ce domaine que l’expertise de Cohda en études quantitatives territoriales prend tout son sens. En objectivant les parcours réels des patients, en cartographiant les zones de renoncement aux soins, en mesurant les écarts entre offre théorique et disponibilité effective, en évaluant l’impact concret des dispositifs déployés, les études quantitatives deviennent l’infrastructure informationnelle indispensable à toute stratégie sanitaire territorialisée.
Cette approche data-driven permet aux collectivités, aux ARS, aux mutuelles et aux acteurs associatifs de sortir du pilotage à l’aveugle pour construire des politiques fondées sur des preuves, ajustables en continu, et véritablement adaptées aux besoins de leurs populations.

La santé de proximité ne se décrète pas : elle se construit, territoire par territoire, à partir d’un diagnostic partagé et rigoureux.
Cohda, société à mission, accompagne cette transformation en mettant son expertise méthodologique et sectorielle au service des acteurs publics et privés engagés pour une santé accessible à tous.
Questions fréquentes sur ce sujet :
La saturation des services d’urgences est en grande partie alimentée par le déficit de médecine de ville : des patients qui ne parviennent pas à obtenir un rendez-vous en ville se reportent sur les urgences pour des pathologies qui auraient pu être traitées en ambulatoire. Réduire ce phénomène suppose une compréhension fine des comportements des patients et des dysfonctionnements des parcours de soins. Les études quantitatives permettent d’identifier précisément les profils de patients qui recourent aux urgences par défaut, les motifs de consultation et les alternatives qui auraient pu être mobilisées, et les freins qui empêchent un meilleur recours à la médecine de ville. Ces données permettent aux établissements hospitaliers de co-construire avec les acteurs de ville des solutions ciblées (permanences dédiées, protocoles de réorientation, téléconsultation déportée) fondées sur les besoins réels des patients et non sur des hypothèses.
La télémédecine est souvent présentée comme la solution miracle aux déserts médicaux, mais la réalité des usages est bien plus contrastée. Les populations les plus éloignées des soins sont aussi fréquemment celles qui maîtrisent le moins les outils numériques : personnes âgées, habitants ruraux peu connectés, populations précaires. Un taux d’équipement en plateforme de téléconsultation ne dit rien de son utilisation effective ni de sa capacité à atteindre les publics prioritaires. Les études quantitatives permettent de mesurer précisément ces usages réels par segment de population et par territoire, d’identifier les freins à l’adoption (équipement, compétences numériques, préférence pour le présentiel, méfiance envers les outils digitaux), et de calibrer les investissements en télémédecine là où ils auront un impact réel sur l’accès aux soins plutôt que de renforcer des inégalités existantes.
Les fractures sanitaires territoriales représentent un enjeu stratégique majeur pour les organismes de protection sociale complémentaire : les zones à fort renoncement aux soins génèrent mécaniquement des surcoûts différés (pathologies aggravées, recours tardif aux soins spécialisés, hospitalisations évitables). Les études quantitatives territoriales permettent aux mutuelles et assureurs de cartographier précisément ces zones de vulnérabilité, d’identifier les segments de population les plus exposés au renoncement et de calibrer des actions de prévention ciblées là où leur impact sera maximal. Cette approche data-driven permet également d’adapter les offres de services aux réalités locales (téléconsultation prioritaire dans les zones sous-denses, accompagnement transport dans les territoires ruraux isolés) et de démontrer leur engagement sociétal avec des indicateurs mesurables.
L’ouverture d’une maison de santé pluridisciplinaire constitue souvent un investissement public significatif, mais son impact réel sur l’accès aux soins reste rarement mesuré de façon rigoureuse. Les études quantitatives d’impact permettent de combler ce manque : en comparant les délais d’accès réels, les taux de renoncement aux soins et les recours aux urgences avant et après l’ouverture du dispositif, et en interrogeant les populations cibles sur leurs comportements et perceptions, on obtient une évaluation objective de la valeur ajoutée générée. Cette mesure d’impact est également un argument décisif pour obtenir ou renouveler des financements publics, démontrer l’efficience des investissements réalisés et identifier les ajustements nécessaires pour maximiser l’effet du dispositif sur les populations les plus éloignées des soins.
Les indicateurs administratifs traditionnels (densité médicale, temps de trajet théorique) donnent une image trompeuse de la réalité sanitaire d’un territoire. Un département peut afficher une densité médicale conforme aux standards nationaux tout en connaissant des délais d’accès catastrophiques, parce qu’une partie significative des praticiens exerce à temps partiel ou bien refuse de nouveaux patients. Pire encore, les statistiques agrégées passent à côté d’un phénomène silencieux mais massif : une partie de la population a simplement renoncé à consulter et n’apparaît donc dans aucune file d’attente. Les enquêtes quantitatives menées auprès d’échantillons représentatifs d’habitants permettent de quantifier précisément ce renoncement réel, d’en identifier les causes (délais, coût, éloignement, méconnaissance de l’offre) et d’en cartographier la distribution infra-territoriale pour cibler les politiques publiques là où les besoins sont les plus prégnants.